Au début, Larare, c’était juste un dossier de presse qu’on a reçu dans notre messagerie, et on se dit non mais quoi, encore un, c’est fatiguant. Puis on ouvre quand même le message car on a noté que c’était des chaussures, et les chaussures, ça ne se refuse pas, on va juste y jeter un œil au cas-où. Et puis on voit les photos desdites chaussures et on se dit : non mais qu’est-ce que c’est que ces sublimités, I want it !

Modèle bijoux bois, collection P/E 2010

Modèle Lady Tiger, collection P/E 2010
Et puis, et puis, de fil en aiguille on rencontre la créatrice, Nathalie Elharrar, et on découvre un sacré personnage, une fille pleine de vie, gambadant allégrement sur 12 cm de talons (les siens) (non mais quoi, ils sont confortables en plus ???), qui « adore vendre des shoes aux filles chouettes » (si t’es pas cool, tu peux aller te rhabiller) et que bon, « tu viens quand tu veux en essayer une paire » (on peut donc dire, ici à la rédaction, qu’on a testé, acheté et approuvé les Larare).

Modèle Beeone, collection P/E 2010

Modèle Barbarina, collection P/E 2010
Nathalie ne sort pas de nulle part : avant de lancer sa marque en 2007, elle a travaillé pour de grandes marques telles que Balmain, Thierry Mugler ou encore Paule Ka – pour qui elle a dessiné, en 2007, les fameuses compensées ultra futuristes en plexi. Une star de la shoes, Nathalie ? « Arrête ton char ! », me répond-t-elle.
Plus sérieusement… Raconte-moi un peu comment tu as fait tout ce chemin ?
En travaillant comme une cinglée, en ayant un minimum d'humilité, et un sens de l'action à la limite du névrotique. Je me sens très heureuse quand je dessine, quand j'imagine une histoire qui devient une collection. Comme j'ai de toute évidence raté ma carrière de sauveuse du pauvre et de l'opprimé (dans ma famille il y a plein de médecins dévoués à la cause publique, je fais un peu figure de comique), j'essaie de compenser. En étant dans la transmission de savoir, dans le travail d'équipe.
Je jouissais d'une relative liberté aussi bien créative que fonctionnelle, j’ai ainsi beaucoup appris. Le côté créatif de la chaussure requiert une compréhension structurelle que j'ai à l'esprit : on a beau en savoir beaucoup, il y a des mystères dans la chaussure qui me laissent perplexe...
Qu'est-ce qui t'a donné envie de créer ta propre marque ? Est ce que ce n'est pas aussi parce que tu n'arrivais pas à trouver chaussure à ton pied dans les modèles existant déjà dans le commerce ?
C'est une des raisons originelles pour laquelle j'ai commencé à faire des chaussures ! Deux souvenirs me viennent à brûle-pourpoint : quelques mois avant de créer ma marque j'ai raté un job où j'étais en concurrence avec un autre styliste qui avait sa propre collection, on m’a éconduite en me disant que je n'avais pas fait mes preuves avec une marque en propre, et ça m'a fait réfléchir. La deuxième chose est un souvenir de chez Mugler où, avec mon meilleur copain styliste de bijoux, j'imaginais une marque délirante, fantasmatique… Déclinée de ce que je faisais pour Mugler, mais beaucoup moins bourgeoise que les collections commerciales que je faisais. C’est devenu le concept initial de Larare.
Quand j'ai démarré ma marque j'avais décidé de me faire plaisir avant tout, de raconter une histoire à ma façon, en me marrant franchement.
Qu'est ce qui fait la spécificité d'une paire de shoes Larare ?
Un rapport d'équilibre de lignes, une façon de mélanger des matériaux et des coloris aussi. L’anneau piercing qui signe les chaussures est un plus rigolo et bad girl que j'adore, mais la vraie nature de mon travail est une vision d’ensemble.
Quelles sont tes inspirations, ton style ?
J’aime jouer sur des références de toutes sortes : ma culture littéraire, sex, drugs & rock’n'roll, vanités, cabinets de curiosités, avec du glam par dessus, de la provoc… mais avec une éthique de qualité extrême et une haute idée du luxe.
Mes inspirations sont très éclectiques : des femmes, le regard de certains hommes sur elles (j'aime le regard photographique qui traduit ca), des livres - science-fiction comme des essais sociologiques -, mais aussi des gens dans la rue, des mots qui me donnent à visualiser et à interpréter en images des sensations...
Au quotidien tu es toujours perchée sur tes propres paires de talons.
Yes, mais j'ai plein de chaussures de la concurrence que j'adore.
Pour toi les talons c'est indispensable pour l'allure ?
Yes encore, si j'ai envie de me trouver élégante, c'est avec talons, vu ma taille...
Des conseils pour le maintien ?
Soyons honnête : je ne porte pas des talons en permanence, j'ai des sandales plates et des baskets... et pour bien marcher avec des talons, on commence par se traiter avec considération en musclant ses abdos en profondeur pour avoir un dos soutenu.
Question projets, tu m'as dit la dernière fois que tu aimerais te lancer dans le sur-mesure…
Je fabrique en permanence des projets, celui-ci fait partie d'une des hypothèses possibles !

Modèle Vitality, collection A/H 2010-11

Modèle Tubéreuse, collection A/H 2010-11

Modèle Melody Nelson, collection A/H 2010-11
Pour voir toutes les collections, c’est ici : www.larare.fr.